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Le chantier en bref
Travaux : Maçonnerie, Enduits Chaux, Bois, Environnement durable
Lieu : L’Alpe du Grand Serre
Date : 19 juillet au 02 août 2026
LE CHANTIER-ÉCOLE
Le chantier proposé ici par l’URM s’inscrit dans un projet de CHANTIER-ÉCOLE franco-irlandais ERASMUS +
Ce chantier-école a été organisé dans le cadre d’un partenariat Erasmus+ piloté par le réseau REMPART dont l’URM fait partie. Il a réuni une vingtaine de participant.es, dont 6 bénévoles étudiant.es irlandais.es, 9 bénévoles du réseau REMPART national, ayant entre 17 et 30 ans (prérequis) et des bénévoles locaux.
Tout au long des deux semaines, le chantier porta sur divers travaux au cœur de la commune montagnarde de La Morte, située au pied de l’Alpe du Grand Serre. Plusieurs encadrant.es ont accompagné les travaux de construction ou de restauration bois, de menuiseries, de reprise de maçonnerie traditionnelle à la chaux et enfin de soin environnemental par le confortement de sentiers pédestres. Que de belles découvertes des savoir-faire locaux au cœur de ce chantier !
CONTEXTE DU CHANTIER-ÉCOLE


La commune de La Morte s’est engagée dans une démarche de transition pour se détacher de l’option tout ski et s’orienter progressivement vers le développement d’un tourisme doux sur 4 saisons.
Un des objectifs de la commune était de réorienter vers le massif Grand-Serre Tabor les promeneurs qui depuis quelques années saturent le secteur du Poursollet et du lac Fourchu au pied du Taillefer sur la période estivale (surtourisme concentré et impacts forts sur zones naturelles, dont zone Natura 2000).
Pour l’association URM, comme pour les partenaires mobilisés dans le tissus local, ce chantier fut une opportunité de faire découvrir aux stagiaires non seulement des aspects techniques du patrimoine du Dauphiné, mais aussi de les sensibiliser aux enjeux d’une vie active au cœur d’un territoire montagnard, en s’inscrivant dans une démarche générale de sensibilisation aux spécificités et fragilités des espaces montagnards.
TRAVAUX PROPOSÉS SUR CE CHANTIER-ÉCOLE
Ce chantier-école a porté sur divers travaux de restauration d’ouvrages de montagne notamment, et s’est attaché à une forte valorisation des techniques et savoir-faire locaux. Ce chantier-école aux multifacettes a permis à chacun-e de s’essayer aux divers travaux. Des groupes de 4 à 6 personnes étaient organisés et changeaient fréquemment, tout en étant mélangés.
COMPRÉHENSION DU MILIEU :
Des moments de sensibilisation et des interventions extérieures ont également été réalisés en grand groupe.
Des temps pédagogiques furent dédiés à la compréhension de ce milieu : une conférence matinale donnée par le lieutenant de louveterie a donné un aperçu de la faune sauvage locale et expliqué notamment la nécessité de renforcer la protection du tétras lyre devenu très vulnérable de par la fréquentation touristique de ses aires de répartition. Son domaine vital est intégré au domaine de randonnée et subit un fort dérangement provoquant du stress et des envols intempestifs puisant sur les réserves de graisse. De plus, les zones de nidification se situent au sol en végétation basse.

Dans notre cas, le plan d’action de sauvegarde, en partenariat avec la fédération de chasse, concerne la protection de l’habitat du tétras lyre (encore appelé coq de bruyère). Nous avons recréé à la pioche un sentier qui relie le Pré des Dames à la Côte des Salières pour permette la canalisation du passage des randonneurs dans la zone de nidification et apporter davantage de tranquillité à cette espèce emblématique des Alpes.
Une promenade d’initiation à la botanique, accompagnée par une herboriste qui nous a permis de découvrir quelques plantes sauvages comestibles et/ou médicinales, avec information sur les abus de cueillette.
Une visite d’une scierie locale et de son moulin a également été organisée dans une commune voisine, à Lavaldens, où s’effectua le sciage des rondins sous l’œil attentif des stagiaires.
Le week-end fut l’occasion de randonnées et d’immersions dans le massif (découverte des plantes et espèces endémiques).
1/ Travaux de confortement et d’amélioration du sentier sur un parcours de randonnée, côté Brouffier
Une partie du travail des participant.es au cours de ce chantier a été consacrée à l’entretien et la remise en état de portions de sentiers existants. Des interventions de restauration ont été réalisées sur différentes parties des sentiers qui relient la grande boucle (GR50) passant par : le Pré des Dames, la Côte Salière, le lac de Brouffier et la redescente jusqu’au Louvet.
Ces travaux ont été réalisés en petit groupe et encadrés par des intervenants qualifiés (ayant notamment travaillé sur des sentiers gérés par le Parc National des Écrins).


2/ Intervention sur la cabane du Louvet


Cet abri se situe sur un parcours de retour d’une Via Ferrata et sur des boucles raquettes hivernales tracées sur l’Office du tourisme. Il a été construit sur le plateau humide de Gulliman et reste un milieu préservé. Tout proche du chantier de confortement des sentiers et en lien avec l’intervention sur les sentiers pédestres, une partie du chantier s’est concentrée sur la cabane du Louvet. Cet abri non gardé a été dégradé après avoir brûlé intérieurement il y a plusieurs années et nécessitait un grand soin (plancher brûlé mais solivage en plutôt bon état ; escalier meunier en très mauvais état ; mortier ciment prompt entre pierres sur ancien mortier chaux ; surface des pierres et des mortiers très noircis ; sortie du conduit poêle en très mauvais état ; etc.).
Détail des travaux de restauration menés:
- Soin du mobilier intérieur (ponçage des éléments à restaurer, renforcement + traitement protecteur naturel et fabrication d’une nouvelle étagère) ;
- Restitution des enduits intérieures (piquage partiel, brossage manuel et réfection des enduits à la chaux en plusieurs couches sur les murs noircis de l’abri, comprenant badigeon, corps d’enduit au vin rouge et couche de finition pigmentée) ;
- Nettoyage des pierres avec éléments naturels (ajout de vin rouge dans corps d’enduit pour traitement de la suie) ;
- Reprise de la fumisterie de l’abri (remplacement du conduit du poêle, protection du plancher supérieur, gestion de l’étanchéité pour éviter de potentiels dégâts et pose d’un nouveau poêle de réemploi, l’ancien étant trop dégradé).
Aussi, côté extérieur ont été (ré)installés quelques ouvrages de montagne afin de centraliser les flux sur les espaces pédestres, à proximité de l’abri et le long des sentiers existants :
- Fabrication de deux tables et de trois bancs en rondin (à partir de bois de réemploi, fourni par la commune et récupéré sur le concours de bûcheronnage qui a lieu chaque année à la Morte) ;
- (Ré)aménagement du coin barbecue devant la cabane pour sécuriser et limiter la zone de feu (tri des pierres et réutilisation pour ouvrage maçonné).
Ces sites étant fragiles, les interventions se sont attachées à préserver cet espace naturel. Les outils utilisés ont été à dominante manuelle pour éviter toutes nuisances sur le milieu ambiant. Le groupe a été particulièrement sensibilisé* à avoir le moins d’impact possible sur ce milieu. Une réflexion sur des panneaux de sensibilisation a été lancée, en lien avec les entités concernées (ONF, Commune de La Morte, Com-com etc.) et pourra être répliquée pour d’autres sites sensibles du territoire.
*Un panneau d’information sur place explique les consignes de sécurité et de propreté indispensables. Une information complémentaire alerte sur la vigilance à avoir par rapport au respect de la faune sauvage, de la flore, et des troupeaux. Une plaquette d’information est mise à disposition à l’Office de Tourisme.





















3/ Intervention sur la cabane du périmètre
Une nouvelle échelle meunière en Mélèze a été fabriquée, permettant l’accès à l’étage. Le système de levage est resté identique afin de conserver la bonne circulation de l’abri.





4/ Aménagement d’espaces d’observation en milieu montagne
Dans le même secteur, et notamment en partie sur le plateau de Gulliman autour de la cabane du Louvet, une partie du groupe de chantier s’est consacrée à la fabrication de nouveaux aménagements et/ou au remplacement des équipements trop dégradés.
Notamment, toujours par le réemploi des rondins réemployés et fournis par la commune :
- Fabrication de 2 tables et de 3 bancs au niveau de la cabane du Louvet ;
- (Ré)aménagement de 2 tables de pique-nique vers le départ des chiens de traineaux ;
- Fabrication d’une très grande table de 4 mètres à côté du four banal dans le centre de la station, non loin du plan d’eau.
Comme dit, ces mobiliers ont totalement été réalisés à partir de rondins réemployés des années du concours de bûcheronnage organisé à La Morte chaque été (sapin/épicéa). Ces rondins ont été sciés en deux chez un scieur local, situé dans la commune voisine à Lavaldens.













5/ Soin du chalet d’alpage Bérard
Aussi, étant notre zone d’hébergement à quelques minutes de marche des secteurs cités ci-dessus, des travaux de restauration ont également été menés sur le chalet d’alpage où nous dormions. La sortie de cheminée du grand chalet a été reprise pour sécurisation et pérennisation. Ayant brulée en partie, elle a été soudée à partir de métal réemployé.

Un chantier-école c’est aussi…
HÉBERGEMENT D’ALPAGE ET REPAS
Le groupe a été hébergé dans le chalet d’alpage Bérard situé à 1460m d’altitude, accessible seulement à pied, donc inaccessible aux engins motorisés. Le bâtiment n’étant pas raccordé au réseau électrique, l’eau potable provient d’une fontaine alimentée par une source toute proche, avec un « bachal ». La température de l’eau était de 5,5 degrés, assez froide pour improviser un frigo une fois stockée dans un grand bac ombragé. Les stagiaires découvrirent l’importance de limiter les déchets et d’éviter les gaspillages. L’endroit est équipé de toilettes sèches dont il fallu bien comprendre la gestion. Les douches courantes se firent avec un système de poches solaires, même si l’accès aux douches municipales, à 20 minutes de marche, restait toujours possible. Le couchage s’est organisé sur une grande mezzanine commune séparée en deux niveaux. Les repas ont été cuisinés sur place avec des produits locaux. Il y a une rotation des bénévoles pour la préparation et le rangement du petit-déjeuner, du déjeuner et du dîner en grand groupe. Les langues pratiquées furent aussi bien l’anglais que le français.






En dehors des temps de chantier-école, ont été organisés différentes activités et moments collectifs :
- Randonnée et cueillette de myrtilles ;
- Karaoké et soirées au Camp de Base (lieu associatif de La Morte Vivante ;
- Via ferrata (deux parcours différents, adaptés au niveau de chacun.e) ;
- Montée par télésiège sur le station de l’Alpe du Grand Serre ;
- Repas au four banal offert par la commune de La Morte ;
- Soirée concert « piano au bord du lac » et paëlla avec les locaux.









